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Exposition de Vladimir Mironenko du 26 octobre 2016 au 31 janvier 2017

UNE « KOLLEKTSIA » DE MEDAILLES
(1987-1988)

En un certain État, en un certain royaume, le pouvoir perdit la raison. Elle l’avait perdu il y a très longtemps, presque dès le début, mais la plupart de ses habitants ne s’en étaient pas aperçu, car le pouvoir avait su cacher sa grave maladie derrière des récits de victoires. Mais le temps des changements arriva, la liste des victoires s’avéra être celle de ses défaites, et le pouvoir s’écroula dans le néant, sous son propre poids. Il n’en reste que ces médailles étranges. Pourquoi et à qui furent-elles décernées, on l’ignore aujourd’hui. Accrochées au mur, elles nous regardent mystérieusement et abritent le secret éternel emporté dans son tombeau par le pays même qui les engendra. Elles se transformèrent en arc-en-ciel du passé, noirci par le temps, aux couleurs épaissies. Il est vrai que l’histoire peut revenir, la folie des pouvoirs a tendance à recommencer, et là, les médailles se mettent à scintiller encore plus mystérieusement.
Au pays où le pouvoir a perdu la raisonaffiche_hr
le chaos est entré dans chacune des maisons,
ainsi, sans désarroi et sans guerre
la grande puissance a disparu, entière.
Maintenant on est tous dans un autre pays,
mais le monde dans la merde est toujours englouti.
Ici chaque année l’amandier est en fleur,
Et au mur la médaille est accrochée encore.

Biographie de l’artiste :

Vladimir Mironenko
Né en 1959 à Moscou.
En 1976, après avoir fini sa scolarité dans un lycée avec option français renforcé, il poursuit ses études à l’Ecole-studio du Théâtre d’art académique de Moscou, dont il est diplômé en 1982. En mars 1978, avec son frère Sergueï et leurs amis, il crée le groupe Mukhomor (Amanite tue-mouche) qui pratique toutes formes d’art contemporain, mais aussi crée des œuvres littéraires et musicales. En 1984 pour leur Disque d’or, le KGB envoie de force Vladimir Mironenko au service militaire, où il est soumis à des interrogatoires. Libéré, il continue son activité d’artiste contemporain.
A la fin de la Perestroïka, il se trouve en France, où il obtient plusieurs bourses, se marie et reste jusqu’à la fin du siècle. A l’aube du nouveau millénaire, il revient à Moscou.
Pendant tout ce temps, Vladimir Mironenko participe à plus de 200 expositions personnelles et collectives. Ses œuvres se trouvent dans des musées et des collections privées en Russie, aux Etats-Unis, en France, en Italie, en Australie, en Hongrie, en Finlande, en Espagne, en Belgique, en Suisse et aux Pays-Bas.
Actuellement l’artiste participe à l’exposition «Kollektsia!» au Centre Georges Pompidou.